mercredi 26 octobre 2011

La Reine des damnés (2002) de Michael Rymer

Note : 3 sur 5


D’accord, le thème du vampire rock & rebelle nous renvoie plutôt dans les années 80.

D’accord, les thèmes vampiriques (solitude voulue et solitude subie, besoin de domination, pulsion de mort, pulsion sexuelle, remords et doutes du vampire par rapport à sa condition, jeu avec les victimes avant de les saigner, relation ambiguë entre le maître et l’élève, etc.) ne sont pas traités de manière originale.


Mais la mise en scène jouant entre dynamisme et rupture de rythme, les nombreux plans subjectifs, les personnages habités par leur rôle, autant d’éléments qui facilitent la plongée dans l’univers des vampires riciens (si ce néologisme ne se dit pas, je me permets de l’écrire).

La reine Akasha (feu Aaliyah) dégage une sensualité tout à fait envoûtante et c’est bien ce qu’on lui demande, puisqu’elle sert à tenter Lestat ; car, malgré le titre du film (et du livre), il reste le vrai personnage principal de cette histoire, rappelons-le.

30 Jours de nuit (2008) de David Slade

Note : 3 sur 5


Dans l’Alaska, il y a une nuit qui dure un mois. Voilà l’explication du titre. Maintenant, puisque les vampires sont des créatures de la nuit, plaçons-les dans cet environnement et voyons ce qui se passe.

Cela donne un film d’action avec une succession de scènes à suspense (en anglais, cela s’appelle un thriller ; oui comme dans le clip de Michael Jackson) et quelques taches de gores bien violentes.


L’histoire-prétexte installée, les vies des personnages abordées les uns par rapport aux autres, l’action peut s’installer, avec une tension qui va crescendo, de l’ambiance polar glacial à la chasse aux survivants cachés.


Le décor est suffisamment bien utilisé, l’action suffisamment bien rythmée et les personnages suffisamment bien interprétés pour que l’on ne s’ennuie pas.

Twilight : Fascination (2009) Catherine Hardwicke

Note : 1 sur 5


Puisqu’il faut en parler, allons-y. Comment définir ce film ? C’est une histoire d’amour platonique sur fond de drame fantastique. Un produit académique destiné aux adolescents ; enfin, surtout les jeunes filles.


Comment placer des vampires là-dedans ? Eh bien, elles ont osés (la réalisatrice et avant elle l’écrivain). Le vampire incarne la pulsion paradoxale entre la vie et la mort, le sexe et la violence, Eros et Thanatos. Or, comment sont ces vampires ? Une version ado de la famille Adams, l’humour en moins.


Edward Cullen est blanc clair, beau, rêveur, très fort, introverti. Il y a quelque chose qui me gêne dans ce personnage. Il aurait dû être pâle, charmant, séducteur, puissant, solitaire. Saisissez-vous les nuances ?

Il ressemble davantage à l’image (ou au tableau) d’un vampire, donc en deux dimensions, qu’à un vrai vampire, avec des blessures profondes, une sauvagerie retenue, une sensualité dominatrice et contagieuse. Sa relation avec Bella n’est qu’une amourette respectueuse et timide, comme en vivent tous les adolescents en proie aux premiers émois de la sexualité naissante, alors qu’on attendrait plutôt de la part d’un vampire une passion exacerbée.

Si vous voulez une vraie histoire d’amour passionné entre un vampire et une humaine, regardez plutôt le Dracula de Coppola.


Autre aspect important développé dans ce film : le thème du vampire qui veut s’intégrer parmi les humains. Cela eut pu être une bonne idée humoristique. Quand la famille de vampires joue au baseball, on atteint même un summum dans la drôlerie.

Ah bon, ce n’est pas un film comique ? Ils se prennent au sérieux ? Sans commentaire.


Donc, ce « crépuscule », s’il n’inspire pas la fascination, reste un divertissement gentillet qui se laisse regarder une fois, dans un esprit de romantisme indulgent, condition sine qua non pour supporter cette longue longue hésitation entre deux personnages qui se plaisent et n’osent pas pendant tout le film, malgré son insupportable aspect pédagogique sous-jacent (du genre : « Voilà les enfants comment on doit se comporter dans le domaine amoureux »), même s’il n’a aucune des qualités d’un bon film de vampires.

Alors pourquoi ai-je noté 1 sur 5 ? Parce que je suis de bonne humeur, parce qu’il faut toujours encourager les bonnes volontés et il vaut mieux que je m’arrête ici, car je suis presque prêt à enlever cet unique point.

Vampires (1998) de John Carpenter

Note : 4 sur 5


En gros, c’est l’histoire d’un duel façon western entre un très efficace chasseur de vampires et un maître vampire très intelligent donc très dangereux. Encore un film qui met en scène des vampires dans une narration qui semble se prendre au sérieux, mais qui contient des éléments volontairement humoristiques.


Je m’explique. Le réalisateur a parsemé son film de détails décalés, qui dénotent plus ou moins explicitement le recul qu’il prend par rapport à son sujet, signalant par là le côté divertissement assumé. Je vous donne 3 exemples flagrants.


1/ Cela commence avec Jack Crow, le nom du personnage interprété par l’excellent James Woods. Crow signifie corneille, ou corbeau, c’est-à-dire un oiseau charognard, ce qui est amusant pour un chasseur de créatures non-mortes et suceuses de sang très agressives.

2/ La façon dont ces vampires réagissent à la lumière du soleil a de quoi faire rire : leur corps s’embrase à la manière d’un feu d’artifice ; vous savez, comme ces bougies qui font des étincelles. L’effet est tellement énorme qu’il ne peut pas être pris au sérieux.

3/ Une réplique de Jack Crow fait directement référence aux autres vampires du cinéma et explique les différences avec les vampires que lui pourchasse.


A part ça, les scènes d’action sont bien orchestrées, les personnages (s’ils ont un profil psychologique simple) gagnent en intérêt les uns par rapport aux autres ; quant à l’histoire, bien que rudimentaire, se laisse suivre avec un certain plaisir.

Priest (2011) de Scott Stewart

Note : 1 sur 5


Le début est prometteur, avec la séquence animée, dynamique et esthétiquement réussie. La suite est donc d’autant plus décevante.

Pourtant il y a de bonnes bases : une histoire de vengeance à peu près cohérente, un monde post-apocalyptique dans le style western futuriste, des vampires rapides et bestiaux, un héros solitaire et sombre au grand cœur ; bref, vous me voyez venir, tout ça, c’est du déjà-vu et en beaucoup mieux.


Des exemples ?

Mad Max pour son monde post-apocalyptique plus convaincant, intéressant, sauvage.

Cowboy Bebop (ou d’autres mangas du même genre) pour le côté western futuriste plus fun, fouillé, réaliste, imaginatif (tiens, comme celui d’Enki Bilal dans La Foire aux immortels).

Blade 2 pour ses vampires nettement plus effrayants et surtout ils ressemblent vraiment à des vampires.

• Les 3 Blade, pour son héros plus crédible dans les scènes de combat.

V pour Vendetta, pour son histoire de vengeance tellement plus classe, cultivée, dramatique, humaine.


Tenez, d’autres mauvais points qui m’ont bien énervé :

• Les plans et les effets n’ont aucune originalité.

• La psychologie des personnages se résument en un trait de caractère, genre « plus simple, y’a pas ».

• La révélation finale, légèrement prévisible (comme la plupart des scènes du film) a de quoi décevoir les fans de vampires.


Il vaut mieux que je m’arrête. Tout le long du film, je m’attendais (quelle naïveté !) à être surpris et puis non, pas du tout, la fin m’a laissé sur ma faim.

J’ai quand même noté 1 sur 5 pour la scène d’introduction. C’est tout ? Oui, c’est tout et ce n’est pas grand chose.

Entretien avec un Vampire (1994) de Neil Jordan

Note : 3,5 sur 5


Un vampire offre à un journaliste un témoignage d’un autre temps, le portrait d’un tempérament romantique, de ce romantisme très en vogue au XIXe siècle, torturé, passionné, rêveur, nostalgique, blessé, décadent, assoiffé, poursuivi par une culpabilité exacerbée, représenté par le personnage de Louis, incarné par un Brad Pitt inspiré au point d’en être émouvant et troublant.


Quelqu’un m’a dit trouver ce film ennuyeux, parce qu’il enchaîne les scènes similaires, du genre « Je mords, tu suces, elle mords, nous suçons ». Mais chaque scène de repas sanguinaire s’inscrit dans une progression dramatique qui se justifie dans les relations entre les personnages. Il y a toujours un duel psychologique entre deux vampires, surtout entre Lestat et Louis. Pour chaque nouvelle provocation, Lestat va même de plus en plus loin.


Les thèmes du roman sont développés de manière intéressante :

- Le prédateur qui choisit d’assumer (Lestat) ou de subir (Louis) sa condition.

- Le décalage flagrant entre la vision humaine et la vision vampirique de la Vie et de la Mort. Ce thème est même théâtralement mis en scène par la troupe de vampires parisiens menée par Armand.

- Qu’est-ce qu’être un vampire ? Qu’est-ce qui définit un humain ?

Etc.


Louis le vampire vit sa condition comme une malédiction, voire une damnation. Alors il s’accroche à tout ce qu’il considère comme étant exclusivement humain et contraire à la nature du vampire. Mais il n’a que l’orgueilleux Lestat comme modèle, ce qui est limité. Après il en rencontre d’autres, notamment Armand, et se rend compte qu’il est aussi complexe d’essayer de connaître la nature vampire que la nature humaine.


Le personnage de Lestat est un parfait contrepoint à celui de Louis. Lestat est fier de sa nature, il la revendique, égoïstement, c’est un épicurien impulsif, sans regret. Tom Cruise incarne véritablement l’un de ses meilleurs rôles (et il en a de très mauvais).


Petit bémol toutefois : certains échanges philosophiques sont assez difficiles à suivre, notamment ceux entre Louis et Armand.


Même si les souffrances intérieures de Louis semblent appartenir à un autre temps, elles résonnent en moi comme un écho des réflexions profondes qui me perturbent depuis longtemps et qui expliquent pourquoi les vampires me fascinent autant.

Je me suis surpris à envier la désinvolture de Lestat ; et je crois que c’est aussi le cas de Louis. Vous aussi, il vous est sûrement arrivé d’envier la personnalité de quelqu’un, parce que sa nature diffère de la vôtre. Troublant, n’est-ce pas ?

Blade (1998) de Stephen Norrington

Note : 3 sur 5


Avec un super-héros dont le nom signifie « la lame », on ne s’attend pas à des aventures ponctuées de grandes réflexions philosophiques, mais à une série d’actions bien tranchantes. Vous me direz, il s’agit d’un tueur de vampires, donc c’est normal.

Au départ, Blade est un héros de Marvel Comics, il est anglais et vulgaire, ce qui ne va pas forcément ensemble. Dans la version ciné, Blade est un américain, qui parle peu, agit beaucoup, mais sait quand même utiliser son intelligence ; c’est donc une brute avec un cerveau, ce qui ne va pas forcément ensemble, mais cela en fait un héros typiquement américain.

Réglons un détail important tout de suite : s’il en veut autant aux vampires, c’est qu’ils sont responsables de la mort de sa mère. L’un d’eux l’a mordue et elle est morte en le mettant au monde. Blade est donc né avec une particularité : il est mi-homme, mi-vampire, c’est un dhampire.


Si on cherche un film d’action avec des vampires qui correspondent au schéma notoire (c’est-à-dire à la fois sensuels et sanguinaires, civilisés et violents), des combats bien chorégraphiés dans une histoire plutôt bien construite, on peut se distraire à suivre les péripéties de ce héros musclé, acrobate et monomaniaque.

Evidemment, sur le plan psychologique, ça ne vole pas haut, mais ce n’est pas grave tant qu’on a de quoi mordre sur d’autres plans.


La vraie question à se poser est plutôt : pourquoi ce héros bodybuildé m’amuse autant ?

Son histoire est sympathique, à défaut d’être originale ; d’autant qu’il se montre lucide sur ses défauts d’humain et ses faiblesses de vampire (ou l’inverse). Du coup il n’est pas parfait et c’est tant mieux.

Frost, le méchant, est un sadique intelligent et ambitieux ; un méchant classique en somme, mais au moins il a un caractère entier.

Autour de ces deux ennemis, gravitent quelques personnages secondaires plutôt convaincants.


Alors s’il m’amuse autant, je crois que cela vient des interprétations. Les acteurs jouent leur personnage à fond, avec un plaisir évident. Alors ne boudons pas le plaisir avec ce film au scénario brut mais à l’ambiance bien sympathique.